Consultant politique / Tête de liste "Ensemble pour Villemandeur 2026" / Président de la section Loiret des Anciens Enfants de Troupe (AET)
J'ai eu le plaisir de représenter le Député Jean-Pierre DOOR à un entretien avec le Vice-Premier ministre chargé des Affaires étrangères de Madagascar, le Vice-Amiral d'escadre Hyppolite Ramaroson RARISON. La rencontre s'est faite à l'initiative de son ami Guy RENAUDIN à Courtenay vendredi 2 avril 2010.
Monsieur RARISON est une personne très modérée qui a à coeur d'éviter que Madagascar ne tombe dans une guerre civile. Membre d'un Gouvernement de transition, la Haute Autorité de Transition (HAT), il met toute son énergie pour que des élections législatives aient lieu rapidement, avant l'été 2010, afin que le peuple choisisse ses dirigeants, dans la plus grande transparence. Il m'a même indiqué que peu lui importe qui remportera ces élections, il souhaite que Madagascar soit une véritable démocratie. C'est pourquoi il demande que la France envoie des observateurs pour vérifier le déroulement des élections.
Comme vous pourrez le constater dans le discours (ci-dessous) d'Andry RAJOELINA, Président de la HAT, il est plutôt rare que le chef provisoire d'un Etat réclame des élections le plus rapidement possible. On comprend mieux les problèmes de la HAT lors des réunions de conciliation à l'initiative de l'Union Africaine, car certains pays Africains sont présidés par des Présidents provisoires ... depuis de longues années sans élections !
La répression sanglante décidée par l'ancien Président de Madagascar le 7 février 2009 est encore un choc pour les Malgaches. La réconciliation nationale et la mise en place d'un Gouvernement d'union nationale sont urgentes.
DISCOURS au Sénat et à l’Assemblée Nationale Française
De
Son Excellence Monsieur RAJOELINA Andry
Président de la Haute Autorité de la Transition
République de Madagascar
- 02 Février 2010 -
Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs les Parlementaires,
Honorables invités,
C’est à la fois un grand privilège et un honneur pour ma délégation de pouvoir nous exprimer devant cette auguste assemblée, pour vous expliquer de vive voix la situation politique qui prévaut actuellement à Madagascar.
L’instauration d’un régime de Transition à Madagascar a été le résultat d’un vaste mouvement populaire, à dimension nationale. Malgré une répression très dure, dirigée par des mercenaires étrangers et marquée le 07 Février 2009 par le massacre sanglant et sans sommation de plusieurs dizaines de combattants de la liberté sans arme, l’ancien Président a quitté ses fonctions, en conférant de son plein gré les pleins pouvoirs à un Directoire Militaire le 17 Mars 2009, et qui à son tour, m’a transféré lesdits pouvoirs par la voie d’une ordonnance, dont les dispositions ont été déclarées « valides » par la Haute Cour Constitutionnelle.
Les causes de ce mouvement populaire étaient :
Mais les gouttes d’eau qui ont fait déborder le vase sont :
Depuis le 17 Mars 2009 et pendant les dix mois où le régime transitoire était en place, on a tout fait pour le déstabiliser. Toutefois, malgré ces actions de déstabilisation, le régime de Transition continue jusqu’à ce jour, à exercer l’effectivité du pouvoir :
Malgré cette effectivité du pouvoir, nous n’avons pas ménagé nos efforts pour essayer de trouver une solution consensuelle de sortie de crise par la voie du dialogue.
Malheureusement, toutes les tentatives ont rencontré un échec et la mise en œuvre des accords n’a pas abouti. En effet, sous l’égide de l’Union Africaine, de la SADC, des Nations Unies et de l’O.I.F, dans l’intérêt supérieur de la Nation, nous n’avons pas hésité à signer en toute bonne foi l’Accord de Maputo (signé les 08 et 09 Août 2009) et l’Acte Additionnel d’Addis Abéba (signé le 06 Novembre 2009), dont le principal objectif que la Communauté Internationale avait jugé être le retour rapide à l’ordre constitutionnel, était de mettre en place un Gouvernement d’Union Nationale et des Institutions inclusives et consensuelles pendant toute la période de 15 mois de la Transition.
Tous les efforts que nous avons entrepris et toutes les concessions que nous avons acceptées, n’ont pas porté les fruits que le peuple malgache avait espérés. Les autres Chefs de file n’ont cessé de remettre en cause les résultats de négociations.
Les propos, comportements et actes à la fois irresponsables et irréfléchis de certains Chefs de file ou de délégation n’ont pas permis l’application de ces accords et ont surtout rendu toute cohabitation au sein même de l’exécutif extrêmement difficile, voire impossible. Les négociations ont duré voici presqu’une année.
Dans ce processus, nous sommes entrain de perdre notre âme, nous avons été mandatés par le peuple pour un changement radical et nous sommes aujourd’hui empêtré. Nous ne voulons plus et ne pouvons plus prolonger cette crise qui a assez perduré.
C’est pour ces raisons que nous avons décidé de recourir le plus vite possible à des élections. En effet, nous sommes profondément convaincus que la seule voie incontournable, pour sortir Madagascar de la crise actuelle, est la tenue d’élections libres, régulières, et transparentes dans les meilleurs délais.
L’élection est l’expression par excellence de la démocratie, elle est le seul mécanisme qui permet au peuple d’exercer son pouvoir souverain de choisir ses gouvernants. Il est nécessaire de rendre la parole au peuple. Il ne faut pas avoir peur du suffrage universel. Nous acceptons le principe que ces élections doivent être consensuelles.
Nous acceptons que la date des élections, que nous avons fixée au 20 Mars prochain, soit reportée et fixée d’un commun accord afin qu’on puisse mettre en place ce Gouvernement d’Union. A cette fin, nous proposons la tenue d’élections législatives dans les plus brefs délais pour les raisons suivantes :
Le Gouvernement d’Union Nationale aura la charge d’organiser la Conférence Nationale, sous l’égide et la direction de la société civile, qui déterminera les grandes lignes de la Constitution de la Quatrième République – et de faciliter ainsi la tenue des élections présidentielles.
Nous nous engageons à créer les conditions nécessaires à la tenue d’élections consensuelles, inclusives, régulières et transparentes.
Le fond du problème et les raisons profondes du soulèvement populaire à Madagascar, sont que les élections ont toujours été truquées et que la voix des urnes ne correspondait pas à la réalité. C’est pour cela que nous voulons tracer un nouveau départ pour Madagascar et rompre avec le passé, car auparavant, c’est le Gouvernement même qui avait organisé les élections, ce qui a favorisé ainsi les fraudes. A cet égard, nous voulons mettre en place ce que les Partis politiques ont réclamé depuis des années, à savoir :
Avant la tenue des élections législatives, qui se tiendront dans 2-3 mois, nous proposons le schéma institutionnel suivant :
D’une part,
D’autre part,
Nous estimons qu’avec un tel schéma, l’esprit de la Charte de Maputo sera sauvegardé, à savoir l’exercice consensuel et inclusif du pouvoir.
Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs les Députés,
Madagascar va fêter cette année, le cinquantième anniversaire de son indépendance. En 50 ans, le peuple malgache s’est levé quatre fois pour combattre l’injustice, les abus du pouvoir, l’arbitraire et la mauvaise gouvernance.
Nous sommes décidés à extirper les racines du mal politique malgache. Nous nous sommes engagés à apporter tous les changements nécessaires sur le plan institutionnel ou sur le plan des règles du jeu politique.
C’est dans cette optique que nous voulons fonder une nouvelle République, que nous sommes déterminés à instaurer une véritable démocratie, un Etat de droit au quotidien, une bonne gouvernance effective, et un réel respect des droits de l’homme.
Nous voulons rendre au peuple malgache, sa liberté et sa fierté. C’est à cette nouvelle vision de la vie politique malgache, c’est à cette juste et noble entreprise, que nous vous demandons d’apporter votre soutien et votre appui, en tant que représentants d’un peuple qui a combattu à diverses époques pour sa liberté, et dont Madagascar partage pleinement les valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité.
Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs les Députés,
Je vous remercie de votre aimable attention.