Consultant politique / Tête de liste "Ensemble pour Villemandeur 2026" / Président de la section Loiret des Anciens Enfants de Troupe (AET)
Retraite à 64 ans, le Président MACRON et l’article 10.2
« Ce qui n’est pas clair n’est pas français » disait Antoine RIVAROL en 1784.
Le projet de loi, qui porte de 62 à 64 ans l’âge légal de départ à la retraite, a été adopté par le Parlement dans des conditions légales mais de manière confuse sur la forme et sur le fond.
Sur la forme, vous ne trouverez pas de projet de loi relatif à la retraite. Il n’existe pas. Le Gouvernement a introduit sa proposition dans le projet de loi de financement rectificative de la sécurité sociale pour 2023, dans sa deuxième partie « dispositions relatives aux dépenses de la sécurité sociale pour l’exercice 2023 » et au titre premier « reculer l’âge de départ en tenant compte des situations d’usure professionnelle et de la pénibilité effective des métiers ». Le mot « retraite » ne figure même pas dans les titres.
Cela montre que le Gouvernement ne voit dans la question de la retraite qu’un sujet financier, et non un sujet sur la vie de ses concitoyens.
Sur le fond, il pourrait paraître logique de reculer l’âge de départ en retraite sachant que l’espérance de vie augmente et que l’on vit donc de plus-en-plus longtemps. La vraie question est : nous vivons plus longtemps mais dans quel état de santé ? L’augmentation du nombre d’EHPAD et les difficultés les concernant montrent que la retraite joyeuse est souvent un vœux pieu et que les travailleurs cotisants ont moins de chance de profiter vraiment de leur retraite.
Il est souvent fait référence à l’âge plus élevé de départ légal à la retraite dans les autres pays européens. Depuis quand la France devrait copier ce qui se fait à l’étranger, surtout quand cela est défavorable ? Toute la réflexion et l’action du général de GAULLE ont justement montré que la France devait être indépendante et aux avant-postes.
Les Français attendent la décision du Conseil constitutionnel qui sera annoncée le 14 avril 2023 sur le texte, sachant que le Président de la République promulgue les lois dans les quinze jours qui suivent la transmission au Gouvernement de la loi définitivement adoptée.
Le Président MACRON a tout intérêt à utiliser l’article 10.2 de la Constitution qui prévoit : « il peut, avant l'expiration de ce délai, demander au Parlement une nouvelle délibération de la loi ou de certains de ses articles. Cette nouvelle délibération ne peut être refusée. » Cette alinéa de la Constitution existe justement pour permettre de faire face à une situation de blocage et d’en sortir par le haut.
Le Président MACRON doit comprendre qu’on ne gouverne pas contre le peuple. Sa majorité relative à l’Assemblée nationale, fait très rare sous la 5ème République, devrait le conduire à plus de modestie et à prendre de la hauteur dans sa manière de présider. Recourir au « 10.2 » serait une décision présidentielle d’une grande classe et montrerait que le Président sait être à l’écoute de son peuple.
Jean-François PEZAIRE
Président d’honneur de Fidélité Gaulliste
Ancien membre de l’équipe de campagne présidentielle de Jacques CHIRAC en 1995 et en 2002